Up Centenaire de la bataille de Verdun - 29 mai 2016 Slideshow


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Ce jour était aussi l'occasion de fêter le centenaire de Mme Henriette Prévost, née 16 Mai 1916 à Fontaine Française, dans les Côtes d'Armor. Mariée le 5 Avril 1937, elle a eu trois enfants:
Daniel Bernard 5 juin 1940 mais aujourd'hui décédé, Nicole Émilie née le 19 septembre 1944 et Christiane Paulette née le 6 septembre 1947.

Son époux était cuisinier pour une maison bourgeoise, dans cette même maison Mme Prévost s'occupait des enfants, de Mme la Contesse et de la Marquise. En échange, la famille était logé et nourrie. Par la suite elle a déménagé à Nanterre puis est arrivée à Neuilly-en-Thelle en 2013.

 

 

Allocution de M. Pascal PIOT

VERDUN – 1916

21 février 1916, c’est l’attaque.
Là-haut, au Bois des Caures, au Nord de Verdun, les allemands passent à l’attaque, au petit matin. Une formidable pluie d’obus s’abat sur les positions françaises. Elle va durer 9 heures…9 heures d’enfer, d’horreur et d’angoisse.
L’explosion des obus, leur bruit assourdissant, les gerbes de flammes, les tourbillons de fumées noires, la pluie de terre, de pierre, de fer créent un paysage d’apocalypse.
Le sol est disloqué. C’est l’enfer.
Les hommes tombent, suffoquent, s’évanouissent, meurent engloutis.
Quelques rescapés résistent. Ils succomberont faute de munitions mais ils auront tenus.
La bataille de Verdun vient de commencer. Elle durera 10 mois.
Pendant ces dix mois, les jours s’égrènent au fil des saisons apportant de façon incessante leur lot de morts, de destructions, d’horreurs et de peur mais aussi de bravoure.
Des forts sont éventrés, pulvérisés.
Des villages sont rayés de la carte. Ce sont Beaumont, Bezonvaux, Douaumont, Louvemont, Fleury, Haumont, Ornes, Vaux, Cumières,
9 villages comme effacés du monde, mais ils resteront gravés en creux dans le sol, témoins de la barbarie, de l’inhumain.
Et Verdun, la cible annoncé de la bataille qui s’engage, Verdun, ville forteresse, assiégée, bombardée, agressée ne sera jamais envahie parce que le courage, la détermination, l’endurance et l’abnégation des hommes appelés à endiguer l’avance allemande seront les plus forts.

De nombreuses dates, de nombreux évènements significatifs, beaucoup de souffrances et des héros sans nombre marqueront cette « guerre de Verdun ». Ils ont imprimé d’une façon indélébile le tissu de l’histoire.

Pour évoquer brièvement cette véritable épopée nous avons choisi ces quelques dates :
22 février, 31 mars, 9 avril, 2 juin, 11 juillet, 24 octobre, 15 décembre
Mais ils sont légion les jours que nous aurions pu retenir, tant les exploits furent innombrables.

22 février 1916 : Le lieutenant-colonel Driant au Bois des Caures
Le lieutenant-colonel Driant, député de Nancy, volontaire à 59 ans, a obtenu le commandement d’une unité au front. Il dirige deux bataillons de chasseurs, 600 hommes, dans le Bois des Caures pour contrer l’avancée ennemie.
A 7 h 15 la veille, 1 200 canons et 200 mortiers allemands ont entamé un terrible carnage le long des lignes françaises. En quelques heures, les unités sont décimées. Les massifs forestiers disparaissent, remplacés par un décor lunaire. Les massifs de Haumont, de Herbebois et des Caures sont broyés, hachés, nivelés.
Dans les bois déchiquetés, tapis au fond des trous d’obus et derrière quelques masures détruites, Driant et ses hommes parviennent néanmoins à stopper la progression ennemie. Il tombera ce 22 février, un peu avant 17 h frappé d’une balle à la tête, avant que les 82 derniers survivants de son unité ne soient réduits à se rendre.

31 mars 1916: De Rose et l’aviation de chasse
Après une sévère destruction de l’aviation française par les Allemands, le commandant Charles de Rose se lance dans le rassemblement des meilleurs pilotes pour constituer le premier Groupement de chasse de l’aéronautique française.
Il esquisse les bases de la doctrine de combat des escadrilles : rechercher l’ennemi et l’attaquer à outrance sur tout le front. L’esprit de chasse est né.
Verdun sera la première bataille aérienne de l’histoire de l’aéronautique.
A partir de ce jour, le commandant de Rose redonnera progressivement la supériorité aérienne à la France.

9 avril 1916 : La cote 295 du Bois Mort-Homme, Picard et ses hommes.
« Courage !..On les aura ! » C’est l’Ordre général n°94 du Général Pétain, à la tête de la deuxième armée.
Malgré une puissante offensive, les Allemands n’ont pas progressé comme escompté en direction de Verdun. La cote 295 du Bois Mort-Homme près du village de Cumières, est la seule conquise dans cette zone. Partout alentour, face aux lance-flammes de l’ennemi, le commandant Picard et ses hommes réussissent, avec l’énergie du désespoir, à bloquer la progression allemande.
« Ce qu'avaient fait le commandant Picard et ses hommes était connu de tout le secteur. Sur leur passage, tous les poilus faisaient la haie. Jamais je n'ai entendu acclamations pareilles " écrira un témoin au moment de leur retour sur les bases arrières.


2 juin 1916 : Le commandant Raynal, l’héroïsme salué.
Poursuivant leur avancée vers Verdun, sur la rive droite, les Allemands assiègent le fort de Vaux mais se trouvent confrontés à la garnison du commandant Raynal. Pendant une semaine, ses 600 hommes résistent.
On se bat à la grenade, au lance-flammes à la baïonnette ou encore à la pelle de tranchée. L’air devient irrespirable, la poussière, la fumée et la baisse dramatique du niveau d’eau des citernes tuent sans cesse. La situation devient catastrophique lorsque les citernes d'eau sont percées par des explosions souterraines.
Le commandant Raynal envoie à l’Etat-Major son dernier message par un pigeon voyageur, le célèbre Vaillant, qui eut le privilège d’être cité à l’ordre de la Nation.
Le 7 juin à 6 h 30, c'est un groupe de 250 survivants éreintés, meurtris, assoiffés et à bout de forces qui finit par déposer les armes, au terme de six jours de combats effroyables. Les honneurs militaires leur sont rendus par l’ennemi pour leur résistance héroïque.


11 juillet 1916 : Le tournant de Souville. Mezergue et l’odeur âcre du sang.
L'ultime offensive allemande contre Verdun vient buter contre le fort de Souville, un des avant-postes de la ville. L’opiniâtreté des troupes, les contre-attaques aidées par la riposte de l’artillerie française stoppent les assaillants.
Les trains effectuent des rotations incessantes journellement pour amener les troupes fraiches au front et emporter les blessés à l’arrière. Dans l’un d’entre eux, une infirmière, Gabrielle Mezergue, se bat pour sauver la vie des soldats sous les ordres de Nicole Girard –Mangin première femme médecin sur le front. « Les évacuations de blessés sont incessantes, on les voit monter au front un jour et évacuer le lendemain avec des membres arrachés. On fait des pansements à la va-vite, plus de bandes, plus d’anesthésiques, plus de désinfectants » écrit-elle.
Le commandement allemand qui doit donner la priorité à l’offensive sur la Somme est dérouté par la résistance française. Il ordonne alors une stricte tactique de défense des positions acquises autour de Verdun. C’est un premier tournant majeur dans cette bataille acharnée.

24 octobre1916 : La reconquête de Douaumont, Brunet, Mazet, Durey attaquez !
Le fort de Douaumont était le plus imposant, le plus moderne et le mieux armé des forts de Verdun. L’armée allemande a vécu sa conquête en février comme une grande victoire. Du côté français, elle a été amèrement ressentie comme une humiliation profonde qui demandait réparation. Une tentative de reprise en mai avait échoué. Elle s’était soldée par de lourdes pertes humaines.
Les hommes ont reçu double musette de vivre, des biscuits, double bidon d’eau et de vin. Avec les armes c’est un barda lourd de 35 kg. Les chefs de compagnies, Brunet, Mazet et Durey connaissent les ordres.
654 pièces d’artillerie préparent le terrain en pilonnant l’adversaire
A 11 h 40, l'heure H. Une clameur se soulève soudain dans le camp français, d'un même élan, des milliers d'hommes sortent des tranchées et s'élancent vers l'avant sur un terrain lourd et glissant.
Le bilan de la journée est très satisfaisant. Le 24 octobre est une journée glorieuse pour les combattants de Verdun. Le fort de Douaumont est définitivement repris et celui de Vaux est de nouveau très proche des 1ere lignes françaises. Il sera repris le lendemain.

15 décembre 1916 : La 133ème Division d’Infanterie reprend la commune de Bezonvaux.

Le 15 décembre, la 133ème Division d’Infanterie reprend la commune de Bezonvaux.
Après une nuit glacée de pluie et de neige fondue, le ciel s'éclaircit soudain et la visibilité devient excellente, l'heure H est fixée à 10 h du matin...
A 9 h 50, le barrage roulant d’artillerie s’allonge brusquement. A 10 h précise, les fantassins français sortent de leurs tranchées et s'élancent au pas de charge. La progression s'avère difficile et très épuisante en raison du barda que doivent porter les hommes et de la boue épaisse et collante qui occupe tous les secteurs mais avant la fin du jour la place sera reconquise.

Verdun demeurera à tout jamais dans nos mémoires.
Ce respect des morts, témoins pour l’éternité se manifeste sur les lieux mêmes des massacres aujourd’hui et dans toutes les communes et villages de France ce qui explique notre présence aujourd’hui.
306 .000 tués, 163.000 Français et 143.000 Allemands.
406.000 blessés.
Une des plus longue et des plus dévastatrice bataille avec celle de la Somme de la première guerre mondiale et ce pour un résultat militaire nul.
Aujourd’hui, en traversant Verdun, je songe terriblement à vos milliers de croix alignées tout le long de nos routes, autour de vos ossuaires.
Elles semblent attendre une hypothétique relève de vivants, qui ne viendra jamais.
Hommes de Verdun Merci !

Pascal Piot


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