<%@LANGUAGE="JAVASCRIPT" CODEPAGE="1252"%> Cérémonie du 5 décembre 2011

Journée nationale d’hommage aux « morts pour la France » pendant la
guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de Tunisie

5 décembre 2011

 

Message de M. Marc Laffineur
secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants

En cette journée nationale, la République rend un hommage solennel aux « morts pour la France » pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie.
Aujourd'hui, nous sommes réunis par le souvenir de leur sacrifice. Pour leur combat valeureux, leur engagement fidèle, nous leur devons respect et reconnaissance. Aujourd'hui, nous pensons aussi avec émotion à leurs familles,à leurs proches, à leurs frères d'armes. Qu'ils soient assurés de notre attachement indéfectible à la mémoire de ceux qui sont tombés au champ d'honneur. Il y a cinquante ans, le Gouvernement français et ses interlocuteurs algériens s'étaient engagés résolument dans le chemin qui devait mener à l'indépendance de l'Algérie, répondant à l'aspiration des peuples de vivre souverains en leur pays. Ce fut néanmoins long et douloureux. Dix ans durant, cette terre d'Afrique du nord fut prise dans l'une de ces tempêtes de l'Histoire qui bouleversent les destins de milliers d'hommes et de femmes, parfois jusqu'à les briser.
Dix ans durant, la «tragédie algérienne» selon les mots de Raymond Aron, se nourrit d'espoirs et de désespoirs, de contradictions, d'incompréhensions, d'atrocités, pour s'achever dans l'amertume. Appelés du contingent, militaires de carrière, membres des forces supplétives ou assimilées, forces de l'ordre, tous servirent la République avec courage, abnégation et loyauté. Tous accomplirent leur devoir, unis par la fraternité des armes. Ils furent plus de 23000 à tomber au champ d'honneur, sur ce sol algérien âprement disputé. Dans le même temps, la liste des victimes civiles n'eut de cesse de s'allonger, pendant le conflit mais aussi après le cessez-le-feu. Notre conscience collective nous ordonne de ne jamais les oublier.
Nous n'oublierons pas non plus que la fin des combats ne signifia pas le début de l'apaisement. Dans l'improvisation, dans la hâte, les Pieds-Noirs et des milliers de Harkis durent quitter l'Algérie pour la France,
soudainement arrachés à cette terre qui pour beaucoup était toute leur vie. La violence du déracinement, la rudesse de l'intégration ont longtemps empêché cette blessure de l'Histoire de cicatriser. Longtemps également la guerre des mémoires contribua à la raviver, en France comme en Algérie.
Aujourd'hui, près de cinquante ans après le départ de la France d'Afrique du nord, le moment est venu de réconcilier enfin les consciences pour que le souvenir joue pleinement son rôle fédérateur. Toutes les victimes de ces années cruelles méritent de trouver leur place dans notre mémoire nationale, comme dans une mémoire partagée par la France et l'Algérie.

Ainsi nous saurons honorer dignement les « morts pour la France » de la guerre d'Algérie, des combats du Maroc et de la Tunisie. Leur sacrifice n'aura pas été vain si nous en tirons les enseignements pour un dialogue apaisé et fécond.

Marc LAFFINEUR

Message de la FNCPG-CATM

Sur une colline d'Artois, au pied de la Tour-Lanterne de la Nécropole nationale de Notre Dame de Lorette repose l'un des nôtres.

Inconnu, il est le soldat dont le sacrifice symbolise à jamais l'épreuve de toute une génération : notre génération. Celle qui avait 20 ans dans les Aurès et sur les pitons de cette terre à la fois attachante et hostile.

Il est "mort pour la France" comme le sont aujourd'hui nos cadets qui tombent en Afghanistan ou sur les territoires d'opérations extérieures.Nous saluons leur mémoire et nous nous inclinons devant la souffrance éprouvée et la profonde douleur de leurs familles en deuil. La Nation leur a rendu hommage mais il est indispensable que cette reconnaissance s'accompagne dans notre Pays d'une communion des esprits.

Aussi, plus que jamais, nous avons l'impérieux devoir de perpétuer leur souvenir en inscrivant leur tragique destin dans notre mémoire collective.

Leur sacrifice doit nous servir à rappeler combien la paix est fragile et combien elle doit être protégée de l'intolérance, du racisme et de toutes idéologies pernicieuses qui portent les germes d'une violence indigne de la conscience universelle.

Faisons en sorte que la mort qui les a fauchés en pleine jeunesse puisse come la graine qui meurt produit des fruits nouveaux, transmettre ce message d'espérance et d'ambition pour un monde plus juste, plus solidaire, plus fraternel et en paix.

2012 sera l'année d'un double anniversaire :

Le cinquantième anniversaire de la fin de la guerre d'Algérie,

Le trente-cinquième anniversaire de l'inhumation de notre camarade inconnu.

Notre fédération et ses associations mettront tout en oeuvre pour proposer à l'ensemble de leurs adhérents et sympathisants un programme-anniversaire ambitieux, digne de l'événement, significatif de notre unité et de notre volonté de faire entrer notre guerre par la grande porte de notre histoire de France.