SPECTACLE DU 26 AVRIL 2010

« Il faut prendre l’argent là où il se trouve, c’est à dire chez les pauvres. Bon d’accord, ils n’ont pas beaucoup d’argent, mais il y a beaucoup de pauvres. »
Alphonse Allais

La société va mal, tout le monde le dit, ça doit donc être vrai. Mais qui ose vraiment prendre à bras le corps les problèmes criants de la pauvreté (si visible dans nos rues), de la malnutrition des couches populaires (source de toutes les délinquances), de la surpopulation dans les mégapoles (berceau de toutes les violences)? La police est débordée et nos gouvernants haussent les épaules… Un seul homme, philanthrope et courageux, a pris sur lui de réfléchir aux maux de nos sociétés le plus rationnellement possible, et lui seul, a su pour la première fois proposer des solutions radicales, efficaces et salutaires : les enfants de chômeurs sont trop nombreux? Mangeons-les! Les SDF polluent nos rues? Etiquetons-les, avec interdiction de sortir aux heures de pointe! Et ainsi de suite, tout est l’avenant: c’est simple, réaliste, économique et hygiénique. Ah, si seulement nos hommes politiques pouvaient en prendre de la graine, et s’inspirer des modestes mais géniales «propositions» du docte révérend Jonathan Swift!… évidemment, l’auteur du célébrissime «Voyage de Gulliver» usait du rire et de la provocation pour dénoncer, il y a déjà bientôt trois siècles, ces formidables programmes politiques qui alimentent la haine et le rejet de l’autre. Cela vous fait toujours penser à aujourd’hui? Alors venez écouter la vraie-fausse conférence menée, chiffres en main et sourire en coin, par l’auguste David Gabison: vous n’avez pas fini de n’en pas croire vos oreilles!

François Rancillac