MONSIEUR L’ABBE CHARPENTIER

“Nous avons gagné le paradis. Je suis prêt, quand nous fusille-t-on ?“

Affecté au commando de la carrière, l’Abbé Charpentier n’est pas habitué au travail de force. Situé dans la montagne à 1 Km du camp, la carrière était battue par les vents, glaciale l’hiver, insoutenable l’été. C’est un immense trou auquel on accède par un escalier.
Les coups pleuvent, généreusement distribués par les kapos, pour obliger les prisonniers à porter sur le dos de lourdes pierres. L’Abbé Charpentier s’arrête souvent pour souffler : les coups de matraques de manches de pioches tournoient et s’abattent. Il tombe, est relevé à chaque fois à coups de pieds. Il est incapable de survivre. Admis à l’infirmerie, il sera quelques jours après jeté au four crématoire d’Hartheim ou de Mauthausen. Ses cendres serviront d’engrais au jardin des SS.
Son décès fut enregistré le 7 Août 1944 sous le matricule 59725.